Nabilla

Elle est jeune, jolie, n'a pas inventée l'eau chaude, mais a su se mettre à nue, souvent à travers ses idées, parfois physiquement, pour pouvoir exister médiatiquement. Nabilla a eu son quart d'heure de gloire - dans les anges de la télé-réalité - avec une phrase qui aurait pu passer inaperçue, mais qui lui a valu un emballement médiatique qui l'a conduite à être reçue sur tous les plateaux télés et à voir son image imprimée sur papier glacé - surtout sur les magazines people que personne ne lit ou n'achète - mais dont tout le monde parle...

Starlette d'un moment, les médias se sont beaucoup moqués d'elle, la portant au panthéon, pour mieux en rire (un peu comme Mickaël Vendetta qui prétend aujourd'hui avoir joué un rôle en servant au médias ce qu'ils avaient envie de voir). Tout le monde a pu constater que la Starlette n'avait pas fait de grandes études et avait bien du mal, parfois, à formuler des phrases dans un français correct. Bref, c'est à peu près sur que la jolie Bimbo n'aurait jamais pu briller par ses capacités intellectuelles. Elle était la risée de tous, et en cela, tout le monde a un peu sa part de responsabilité dans le drame qui se joue aujourd'hui, toujours à travers l’œil déformant et impitoyable des médias.

Il s'en passe décidément des choses dans les chambres d’hôtel... Que c'est-il passé dans la chambre du couple Nabilla/Thomas Vergara dans cet hôtel de Boulogne Billancourt dans la nuit de jeudi à vendredi ? On ne le saura sans doute jamais avec certitude, les secrets d’alcôves étant en général bien gardés. On retiendra simplement qu'une jeune femme paumée a sans doute eu une dramatique altercation qui a tourné au drame avec son petit ami... Pourquoi, comment ? Peu importe au final, c'est à la justice de notre pays - et non aux médias - d'écrire la suite. Nous ne sommes plus face à une émission de télé-réalité, mais face à un terrible fait divers.

Comme tout le monde, et comme tout ce qu'à pu faire Nabilla jusque là, l'annonce de ce drame m'a quelque peu fait sourire. Un sourire amer, tant que m'interroge comment on peu donner tant d'importance à une bimbo sans grande consistance quand d'autres personnes anonymes tentent parfois d'élever le niveau de l'humanité - parfois au péril de leur vie [1]. Et pourtant, cet intérêt - même négatif - qu'on lui porte suffit à emballer la machine médiatique, qui cherche à faire du buzz coute que coute, quitte à détruire les personnes. Les médias ont construit une image de Nabilla dont elle a bien du mal à se défaire. Pour elle, comme pour beaucoup, changer d'image reviendrait à se suicider médiatiquement. Les médias s'intéressent d'ailleurs sans doute moins à la personne de Nabilla qu'à l'image qu'elle renvoie. Bimbo écervelée, sans doute, mais aussi jeune fille immature, qui doit bien se rendre compte que sa gloire est éphémère, qu'elle ne repose que sur du vent et qu'il sera bien difficile pour elle de se construire une image positive d'elle même après un tel traitement. Elle n'est pas la première, ni sans doute la dernière, à qui cela arrive, en témoigne le parcours tumultueux de Jordy, Marjolaine, ou même la première Bimbo de Télé-réalité : Loana.

Mais au final, cette histoire, comme bien d'autres, traduisent quand même un incroyable gachis. Nabilla aurait gagné à rester anonyme. Elle n'aurait peut être pas eu une vie très heureuse, mais aurait pu avoir une vie tranquille. Le drame à l'arme blanche qui s'est joué dans la nuit de jeudi à vendredi n'a fait qu'accélérer un mauvais scenario déjà écrit, dont tout le monde connaissait déjà la fin, sans forcément en connaitre le déroulé. Cyril Hanouna a raison d'évoquer sur son compte Twitter un terrible gâchis dans cette affaire. C'est encore Cécile de Ménibus qui résume au mieux mon propos : J'ai beaucoup de compassion pour Nabilla, jeune femme, lâchée dans le vide et instrumentalisée par une télé féroce qui a eu raison d'elle!

Note

[1] Petite pensée aux infirmière qui luttent en ce moment pour venir en aide aux populations atteintes par le virus Ebola